Dimanche dernier, à Marrakech, Fnair DJ Key, Style Souss, The Embroidery Club (Brooklyn Nyc) et Brown Fingaz original Free Style Grew ont rassemblé autour d¹eux les mordus du hip hop. L¹avant veille (vendredier dernier), au jardin des Habous, à Meknès, H-Kayne DJ Key, K-Libre, The Embroidery Club (Brooklyn Nyc) More Moves Mot de Passe ont hissé la fougue d¹un jeune public à son point culminant. Avant hier, au stade le C.O.C, Mafia-C DJ Key, DJ Abdel Sha Stimuli (Brooklyn Nyc), Fnaire, Salama Crew H-Kayne ont porté aux nues les férus du hip hop casablancais.
Ce festival tombe à point nommé pour les jouvenceaux ³in². ³Le hip hop est notre danse préférée² disent-ils sur tous les tons. Les plus branchés parmi eux se complaisent à imiter les stars internationales dans les moindres détails. ³C¹est dans l¹air du temps² serine Amine qui, à 16 ans, chante, danse et s¹habille à la hip hop. Les danse et musique classiques sont, selon son expression, pas assez ³cool² et trop ennuyeuses pour le séduire. Ces congénères sont nombreux à penser pareillement.
Les moins jeunes ne comprennent pas cet engouement pour une musique qu¹ils n¹apprécient pas trop. Mais ils ne vont pas jusqu¹à interdire à leur progéniture de s¹y intéresser si bon lui semble. ³C¹est une manière comme une autre de s¹exprimer. Et puis la musique, quels que soient ses styles et tendances nourrit l¹esprit, et prémunit contre les dérapages. Je préfère nettement que mon fils pratique plutôt la danse que de s¹adonner à des activités pernicieuses² argue le père de Amine.
Cet art a pris son envol aux USA. Mais il a vite fait d¹étendre ses tentacules aux autres pays dont le Maroc.
Et ce n¹est pas le fruit du hasard si la culture hip hop a la cote auprès des jeunes marocains. Ces derniers se laissent facilement séduire grâce à cette harmonie entre les paroles, les rythmes musicaux et la danse. Le tout donne naissance à une ambiance qui est parfaitement à leur image. C¹est aussi une danse de compétition qui incite les spectateurs à franchir le pas et à ne pas rester inactifs.
Ce qui est, toutefois original, c¹est qu¹elle est le moyen d¹expression des rues. Assoiffés de liberté, de changement et animés par la volonté de se distinguer, de prouver qu¹ils ne sont pas bons à rien et qu¹ils ne sont pas aussi puérils qu¹on le pense, qu¹ils sont capables d¹aller dans le bon sens et pourquoi pas épater malgré le manque de moyens, les jeunes se laissent tenter. Comme partout ailleurs, ils s¹y retrouvent, car la forme d¹art qui correspond le mieux à leur âge, esprit et personnalité.
En initiant ce festival, la section des Affaires publiques de l¹ambassade des Etats Unis a visé initier les jeunes de plus en plus attirés par cette culture. Aussi, au-delà des festivités de l¹événement, l¹idée des organisateurs est de vulgariser cette musique au Maroc, offrir l¹occasion aux amateurs et autres passionnés de la connaître davantage et révéler les jeunes talents marocains via un documentaire que l¹ambassade américaine compte réaliser.
Ce n¹est d¹ailleurs pas la seule action des initiateurs de cet événement. Ils organisent, également en parallèle, des ateliers de formation au profit des intéressés. L¹occasion rêvée pour les friands en mal de ce genre de spectacles. Pour les réticents, le temps est venu de comprendre que le hip-hop est loin d¹être du ³n¹importe quoi². C¹est un art et un moyen d¹expression comme un autre.



